Information sur les graines de cannabis féminisées
Dans la mythologie grecque, Hermaphrodite, fils d'Hermès et d'Aphrodite, a fusionné avec la nymphe Salmacis pour ne plus faire qu'une personne, possédant les traits physiques des deux sexes.
L'hermaphrodisme est un phénomène naturel qui apparaît spontanément chez les plantes de cannabis sauvages. C'est une réaction d'urgence face à l'absence de l'un des deux sexes dans leur population. Ce mécanisme permet à la plante de s'autopolliniser en produisant des fleurs mâles aussi bien que femelles. La plupart des plantes dioïques (distinctement mâles ou femelles) ont apparemment évolué à partir d'ancêtres hermaphrodites, c'est pourquoi cette propriété reste partiellement active chez un grand nombre d'espèces de plantes. Même si cette particularité est présente dans de nombreuses lignées pures sativa, elle a été largement expurgée des hybrides modernes commercialisés. Normalement, ce sont les plantes femelles qui produisent des étamines, même si des cultivateurs ont constaté des inversions dans les deux sexes. Apparemment, des individus dioïques normaux développent cet aspect quand leurs conditions environnementales sont défavorables. Les facteurs qui peuvent affecter le sexe des plantes de cannabis sont, par exemple, les hautes et basses températures, les fluctuations de pH, les hormones végétales, le manque de lumière dans la chambre de culture, le stress lié à l'eau et l'excès de fertilisation. En ce sens, il n'y a pas de vrais mâles ni de vraies femelles, mais seulement des individus dioïques, avec un plus ou moins fort potentiel à acquérir un double sexe.
Les plantes femelles seront les plus susceptibles de s'inverser, si elles ont cette prédisposition génétique. Une fois inversées, les femelles vont produire des sacs de pollen modifiés ou incomplets qui ressembleront à de petites bananes. Le changement passe souvent inaperçu parce que ces "bananes" commencent à pousser à partir des bourgeons de fleurs et qu'elles sont difficiles à repérer à l'œil nu. Le pollen de ces femelles hermaphrodites peut aussi bien être fertile que stérile. S'il est fertile, la plante finira généralement par polliniser tous les plants de la chambre de culture, ruinant en fait totalement la récolte de sinsemilia. La stabilité d'une plante se mesure à la quantité de stress qu'elle peut supporter. Des plantes femelles extrêmement stables ne se transformeront pas en hermaphrodites, quel que soit le stress environnemental auquel vous les soumettrez. C'est ce type de femelles que nous recherchons quand nous voulons créer des graines féminisées.
En général, l'hermaphrodisme est considéré comme une caractéristique indésirable dans les variétés de plantes de cannabis à usage récréatif. Ce trait est dominant dans ses expressions, ce qui signifie que n'importe quel parent possédant cette particularité la transmettra à ses descendants. Il existe cependant certaines utilisations possibles de cette caractéristique, notamment dans la création de graines féminisées. En retirant le chromosome Y de l'équation, il ne reste plus que des descendants féminins. Ces graines sont recherchées avant tout parce qu'elles éliminent la nécessité de repérer le sexe des plantes avant leur mise en floraison, ce qui permet aux cultivateurs d'économiser beaucoup de temps et de tracas. Les plantes mâles indésirables vont inutilement occuper de l'espace dans la chambre de culture tandis que les clones femelles nécessiteront beaucoup de soins. Les graines féminisées éliminent tous ces problèmes car, 99% du temps, elles produiront des plantes femelles (le pourcent restant étant dû aux anomalies génétiques spontanées).
Le principal souci dans la production de graines féminisées est que dans le but de les créer, nous devons permettre à une femelle hermaphrodite de s'autopolliniser ou de polliniser une autre plante femelle, pour faire en sorte que la descendance ne porte que des gènes féminins. C'est délicat puisque nous ne souhaitons pas que les descendants deviennent également hermaphrodites. Les femelles qui tendent facilement vers l'hermaphrodisme sont généralement retirées de la chambre de culture avant qu'elles aient eu une chance de se polliniser elles-mêmes ou de féconder d'autres femelles. Les semences de ces plantes sont habituellement très instables et produisent principalement des hermaphrodites génération après génération. C'est-à-dire pas vraiment ce que nous visons. En fait, seules les plantes les plus stables et les plus résistantes vont être sélectionnées pour créer des graines féminisées. Nous recherchons uniquement la plus faible expression de cette caractéristique car tout autre choix anéantirait ce que nous tentons de réaliser. En utilisant seulement les femelles assez stables pour nos croisements féminisés, nous réduisons les risques de trouver des hermaphrodites ensuite dans la lignée. Après tout, ce que nous désirons est une production constante de plantes femelles normales et stables convenant pour la culture d'intérieur, et pas un bouquet d'hermaphrodites se pollinisant mutuellement dans tout l'espace cultivable.
Nous commençons par manipuler l'environnement afin de trouver les plantes qui peuvent soutenir le plus haut degré de stress sans effets négatifs remarquables. Plus elles sont capables d'en supporter, mieux c'est. Cette méthode de sélection est cruciale pour la création de graines femelles stables. En utilisant deux plantes, l'une normale et l'autre hermaphrodite femelle, nous parvenons aux meilleurs résultats car nous obtenons une recombinaison des gènes provenant des deux parents femelles, tandis qu'au contraire l'autopollinisation est essentiellement consanguine. L'autopollinisation est parfois utilisée pour isoler des caractéristiques de clones femelles rares qui seraient perdus sans cela, mais cela peut aussi donner lieu à une dépression génétique, des mutations et toutes sortes de troubles physiques. Dans les deux cas, les descendants porteront uniquement les gènes féminins, mais les semences de ces femelles autofécondées pourraient être génétiquement moins diversifiées et donner des individus en moins bonne santé. Evidemment, pour obtenir de bons résultats, la femelle normale que nous utilisons dans notre croisement est également testée au stress et doit prouver sa stabilité. Quand nous avons trouvé une candidate femelle robuste, nous pouvons commencer à produire des graines féminisées. Nous avons besoin d'un catalyseur pour démarrer le processus et, à ce stade, de l'eau d'argent est généralement administrée aux plantes femelles. Le stress provoqué par les particules d'argent, minuscules mais toxiques, est tout simplement trop important pour que la femelle puisse le supporter, de sorte qu'elle répond en revenant à l'état bisexuel et commence à produire des fleurs mâles.
Il y a également une autre méthode pour créer des graines féminisées, appelée "rhodelisation", qui a été développée par le cultivateur Soma. La rhodelisation consiste à permettre à une plante femelle de fleurir pendant une période de temps anormalement longue, de façon à ce qu'elle puisse produire quelques fleurs mâles. Rester non fécondée tard dans la saison constitue un problème pour la plante femelle de sorte qu'elle essaie de s'autopolliniser pour préserver ses gènes. Cette méthode prend beaucoup plus de temps, mais elle offre un moyen naturel de produire des graines féminisées sans soumettre les plantes à des niveaux extrêmes de stress. Elle ne constitue cependant pas une alternative si le temps est compté, ce qui est généralement le cas. Cette méthode prend environ deux fois plus de temps à réaliser, en fonction du cycle de floraison de la variété qui est féminisée.
Les graines de bonne qualité obtenues à partir de plantes féminisées que l'on trouve dans le commerce devraient par conséquent donner principalement des femelles normales et résistantes à la tendance hermaphrodite. En théorie, du moins, nous pouvons l'espérer, mais ce n'est pas toujours le cas. Même si les différents sélectionneurs utilisent diverses méthodes, il n'y a généralement aucun problème, pour autant que la plante soit cultivée dans des conditions optimales. Mais comme le stress est l'élément qui déclenche l'apparition des caractéristiques hermaphrodites, il y a toujours un certain degré de précaution à prendre lorsque l'on cultive ces plantes. Garder un œil attentif sur elles est essentiel. Le côté positif est que les plantes féminisées représentent une goulée d'air frais pour le cultivateur puisqu'il ne doit plus identifier et espérer de toutes ses forces qu'il s'agit bien de plantes femelles. Si 10 graines féminisées sont plantées, 10 plantes femelles pousseront.




